Mboulème n’existe que de nom. Durant l’hivernage, le village est niché dans un feuillage. A 500m, il se présente comme un nid d’oiseau. Avec ses 1500 habitants, composés d’ethnies différentes, des bambaras majoritairement, des wolof des sérères des Hall Pular, essentiellement de cultivateurs à 99%, la capitale culturelle de Malicounda souffre de ses routes impraticables, d’un manque criard d’infrastructures, mais surtout d’une quasi absence d’eau potable..
« Mboulème vient d’un arbre appelé « Mboul ». On se donnait rendez-vous sous ce géant arbre. C’est devenu un Carrefour, un centre de rencontre et d’échange, en ce moment Mbour n’existait pas encore.. Ce sont les sérères Niominka qui sont les premiers à s’y installer. C’est là que le kankourang a démarré, » renseigne Camara porte parole du chef de village. « Mboulème est 6ème cellule de la collectivité mandingue de Mbour Mais, les gens le considèrent comme la première cellule.. Car, notre ancètre Mady Kouyatré a fait ses premiers pas ici à Mboulèm avant de venir à Mbour. Mboulème est le pionnier du Kankourang à Mbour. Les anciens du village ont toujours lutté pour la conservation de nos coutumes et rites ancestraux. Donc, la 6ème Cellule occupe une place prépondérante dans la Collectivité mandingues de Mbour, » renchérit Ibrahima Signaté Président de la commission culturelle de la collectivité mandingue, qui a relevé feu Cherifo Daffé à ce poste.
« Mboulème souffre de beaucoup de maux. Mais la grande difficulté demeure l’accès, » nous a dit le représentant des jeunes, Dianko Diakhaté. Car, explique t-il, la route qui relie Mbour et Mboulème longue de 7 à 8 kms, est impraticable à cause de l’hivernage. L’autre route qui passe à Warang pour aller à Mboulème fait une dizaine de Kms, dont une piste de 3 kms de Warang à Mboulème. Cette piste, empruntée pendant la saison des pluies, est tout aussi impraticable à cause de ses nids de poule, et de son étroitesse. Se rendre à Mboulème durant l’hivernage relève d’un véritable parcourt de combattant. « Depuis 2009, nous avions engagé un cabinet privé qui a fait les études de la route Warang- Mboulème-Mbour soit 3 kms-7kms. Le bitumage de tronçon est évalué à 1 milliard, et le latérite à 100 millions. Cependant, la Cr n’a pas les moyens de sa réalisation, » a indiqué Thiéwoulé Cissokho Pcr de Malicounda. A l’en croire, il a été reçu en audience par le ministre d’état Karim Wade, à qui il a remis le document. A l’époque, il lui avait promis qu’avant 2012, la route serait réalisée, soit en bitume, soit en latérite.« Malheureusement, avec le changement de régime le projet n’a pas abouti. Je lance un appel aux nouvelles autorités pour que cette route soit réalisée, pour désenclaver le village Car, Mboulème est un carrefour culturel. Surtout au mois de septembre, tous les vendredis et samedis, le village est le point de ralliement de milliers et des milliers de gens, avec la sortie du Kankourang, » a t-il expliqué. Chaque année, c’est la Cr qui essaie de faire des empierrements pour rendre praticable Mais, cela ne dure que le temps d’une saison.
Au plan de l’éducation, Mboulème dispose d’un CEM, depuis l’année scolaire écoulée. Mais, le collège n’a pas de locaux. Ce sont des abris provisoires qui ont servi à deux classes de 6ème. A cette ouverture, il y a 2 classes de 6ème, et 2 en 5ème. « La communauté rurale a délimité une superficie de 2 ha, pour y construire un Cem. Pourtant les collèges sont de la compétence du conseil régional. Cependant tous nos Cem ont été construits par le Conseil rural. Nous avons en projet deux Cem à construire, celui de Cem Ponte Sarène en construction, et celui de Mboulème. On ne peut pas réaliser les deux à la fois. Nous sommes en négociation avec l’inspection pour que dans le cadre du BCI, on nous aide à construire deux ou trois classes, » a déclaré le Pcr.
L’eau est aussi un véritable problème à Mboulème. « Il n’y a pas d’eau potable. Dans toutes les intersections du village, il existe un puits à l’eau salée. Il faut faire au moins 1 kilomètre pour trouver de l’eau potable, » a souligné Mr Diakhaté.
« Ce sera bientôt un vieux souvenir, rétorque le Pcr. Le lieu d’implantation du forage est déjà identifié avec les services de l’hydraulique, » rassure t-il.
A Mboulème il y a une case de santé gérée par un agent de santé communautaire « Le poste de santé est entrain d’être construit, nous espérons le terminer avant fin janvier prochain il sera fonctionnel. Il y aura un infirmier qui va polariser toute la zone, » a soutenu le Pcr.
Le village est confronté à des problèmes d’infrastructures, et d’emplois pour les jeunes. « Il n’y a pas de projets de développement pour les jeunes comme pour les femmes, ni de programmes socio éducatifs, » déplore Diakhaté. « Sur toutes ces questions nous avons eu des promesses qui tardent à venir, »peste t-il.

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Commentaires
Mboulème est quand même électrifié
Il faut quand même souligner que ce village a été électrifié grâce à un mbourois qui était à l'époque au Ministère de l'énergie