C’est dans ce cadre que le Programme de Recherche sur le Changement Climatique,l’Agriculture et la Sécurité Alimentaire(Ccafs) du Consortium Group on International Agricultural Research (Cgiar), en collaboration avec l’Organisation Mondiale de la Météorologie(Omm), l’Usaid et le Partenariat Mondial pour les Services Climatiques(Csp), organisent à Saly un atelier international portant sur « les services climatiques au service des producteurs d’Afrique et d’Asie Australe pour une gestion effective des risques climatiques ». Ouverte, ce lundi 10 décembre cette rencontre vise à favoriser les échanges Sud-sud et la coopération entre l’Afrique subsaharienne et l’Asie du Sud, renforcer et intensifier l’information sur le climat et les services consultatifs au service des petits producteurs agricoles. Une centaine de sommités et experts des services climatiques pour le développement provenant de 30 pays à travers le monde prennent part aux travaux, pour aboutir à une concertation mondiale sur la plus-value des services climatiques au profit des producteurs ruraux confrontés à un climat de plus en plus variable et changeant.
L’atelier veut mettre l’accent sur les synergies entre les initiatives des agriculteurs concernés par les services climatiques en Afrique et en Asie du Sud, et tente de catalyser les liens institutionnels régionaux et interrégionaux afin d’exploiter ces synergies. Il a d’ailleurs débuté par une visite du site d’expérimentation à Kaffrine le dimanche 09 décembre. Cinq paysans provenant de Kaffrine prennent part ainsi aux travaux. « On tient à ce que ces paysans rappellent lorsque nous serons dans les discussions, que leurs besoins sont au cœur de nos préoccupations et de nos discussions », a souligné Dr Arame Tall du Consortium Group on International Agricultural Research (Cgiar), maîtresse d’œuvre de l’atelier. Sont également présents des paysans du Mali, du Burkina Faso, du Kenya et de l’Inde, « tous pour orienter les discussions ».
« Le changement climatique , on en entend beaucoup parler, mais en bref chez nous ce n’est que la montée des eaux de mers , mais c’est surtout des perturbations aux cycles saisonniers qui ont des répercussions et des impacts spécifiques pour les paysans du Sénégal et à travers le monde. On se rend compte aujourd’hui que les paysans ont des difficultés à planifier, à planter, à semer et à récolter comme ils le faisaient dans le passé. Et ceci est une conséquence qui est spécifique du changement climatique. Et c’et une problématique qui dépasse le cadre du Sénégal et qui interpelle tous les pays du monde. Donc, l’objectif de l’atelier est de mettre en commun toutes les expériences qui sont ressorties d’Afrique et d’Asie du Sud pour vraiment aider et appuyer les paysans à s’adapter à un climat changeant. Nous voulons durant ces trois jours mettre en commun toutes leurs expériences dans le domaine de la disponibilisation de services et d’informations climatiques pour aider les paysans à s’adapter à un climat qui change. Si on prend le cas du Sénégal, 75% de la population active est employée dans le secteur de l’agriculture. On se rend compte que c’est une problématique clé. Le changement climatique ajoute aujourd’hui beaucoup de difficultés à leurs vécus qui sont déjà très compliqués, donc il est temps aujourd’hui de mettre toute la science du climat disponible au service de ces paysans afin qu’ils puissent faire face aux problèmes du changement climatique », a martelé Dr Arame Tall.
« La particularité de l’Asie et de l’Afrique c’est que ce sont les continents qui regroupent le plus de pauvres à travers le monde et c’est généralement cette pauvreté s’est ruralisée. Donc, nous estimons qu’en renforçant les capacités de ces producteurs qui vivent en milieu rural, en mettant à leur disposition l’information agro climatologique, ça leur permettra d’améliorer leur résilience par rapport aux changements climatiques. C’est très important, parce qu’il faut faire comprendre à ces paysans que le changement climatique n’est pas qu’un phénomène divin sans solution. Beaucoup de nos paysans continuent de considérer ce phénomène du changement comme une fatalité et qu’il faudrait tout juste s’ils ne croisent pas les bras, prier pour inverser la tendance. Ce n’est pas là une attitude responsable, nous sommes tous des croyants mais nous pensons d’abord et avant tout qu’il y a la main de l’homme et qu’il faudrait justement à travers des études, de la recherche scientifique, identifier clairement les interactions entre le comportement de l’homme et la modification du climat et par voie de conséquence inventer les meilleures stratégies qui puissent nous permettre justement de prendre à bras le corps qui risque de menacer la planète dans son intégralité mais particulièrement nos pays qui sont les plus vulnérables aux changements climatiques », a relevé pour sa part Baba Dramé , Conseiller Technique en charge du Développement Durable au Ministère de l’Environnement et du Développement Durable.
Pape Mbar Faye.

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