Il ya une claire conscience de l’inutilité de ces tortures, selon l’initiateur de la rencontre Me Assane Dioma Ndiaye. « Parce que non seulement ils ne sont pas protégés par la loi, et aussi par leurs supérieurs, mais également devant les tribunaux les magistrats ne récusent des procès verbaux où il apparait que des actes de torture ou des aveux ont été obtenus. Mais surtout des sanctions graves sont encourues par les auteurs, des peines qui vont de 5 ans à 10 ans, presque des peines criminelles, » avertit Me Assane Dioma Ndiaye.
« En matière de torture, on doit pouvoir communiquer et se comprendre. Depuis 5 ans tous les rapports de droits humains ont mis en exergue un certain nombres de pratiques qualifiées de tortures, au niveau des commissariats de police, des brigades de gendarmerie et des maisons d’arrêt et de correction (MAC),au Sénégal » constate le coordonnateur de la LSDH.
Les textes des conventions internationales, stipulent qu’aucune circonstance ne peut justifier un acte de torture. « Même en temps de guerre, ou l’ordre d’un supérieur hiérarchique ne peut exonérer la personne qui commet des actes de tortures. C’est pourquoi de plus en plus nous envisageons ces genres de rencontre, où tous les acteurs sont conviés, » a expliqué Me Assane Dioma Ndiaye
« Pour les cas les plus emblématiques, nous avons décelé une quinzaine de personnes décédées et leurs familles invoquent des actes de tortures. Les statistiques sont extrêmement alarmantes à ce niveau, » a remarqué Me Ndiaye. Mais à l’en croire, de plus en plus ces statistiques commencent à baisser. Pour lui c’est le travail effectué par les ONG de défense des droits de l’homme qui commence à payer. Et les fonctionnaires commencent à comprendre qu’il n’est même pas de leur intérêt de s’adonner à ces actes.
Des débats importants et fructueux ont marqué cette rencontre, où tout le monde rappelle à l’autre ses prérogatives. « Ces séminaires nous permettent également de diagnostiquer où se situe le mal, et surtout d’avoir un feed-back sur les conditions souvent difficiles dans lesquelles, certains fonctionnaires comme les forces de l’ordre travaillent, » a expliqué Me Assane Dioma. D’après lui, des rapports sont ainsi communiqués aux autorités compétentes ou aux supérieures hiérarchiques de ces fonctionnaires. « Ce qui leur permet de prendre les dispositions idoines pour juguler ce phénomène de torture, qui commence à ternir l’image du Sénégal au niveau international, au niveau du comité des nations unis contre la torture. Il est important de travailler ensemble pour éradiquer la torture au Sénégal, » a-t-il indiqué..
Pape DIEYE.

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