D’ailleurs le Sénégal n’a pas le choix. Vous savez que l’arrêt qui a été rendu par la Cour de Justice de la Cedeao dit clairement qu’il ne peut y avoir d’impunité dans cette affaire et que le mandat qui a été donné au Sénégal doit s’analyser comme étant la création par le Sénégal de ce qu’on appelle un tribunal ad hoc à l’image des tribunaux comme sur le Rwanda ou l’ex Yougoslavie. Et l’Union Africaine et le Sénégal ont signé une convention pour organiser dans les meilleurs délais ce procès. Le Sénégal a pris des engagements et aujourd’hui le monde regarde le Sénégal. Le Sénégal ne peut pas se dédire et le Sénégal ne peut pas ne pas respecter ses engagements internationaux. Le plus important aujourd’hui c’est que les familles des victimes puissent avoir ce droit à un procès et que M. Hissène Habré également puisse avoir un procès juste et équitable », a indiqué Me Assane Dioma Ndiaye, Président de la Lsdh , interpellé sur l’opportunité d’un procès Habré au Sénégal.
« Je pense que relativement à la question de la torture, le procès d’Hissène Habré va être un cas emblématique de ce qu’on appeler l’interdiction de la torture. Parce que vous savez qu’en 2000 il avait été inculpé sur la base de la convention de 1984 contre la torture, les traitements cruels, inhumains ou dégradants. Et par la suite, le Sénégal a été obligé de transposer cette convention dans son droit positif ainsi que les crimes contre l’humanité, les crimes de guerre et les crimes de génocide Et je pense que l’humanité gagnerait à faire transposer ces conventions internationales de droit interne pour éviter que des actes commis à l’extérieur ne puissent être impunis simplement du fait que la personne auteur a pu sortir de son territoire pour se réfugier dans un autre territoire. Et je pense que de ce point de vue, tout le monde doit travailler pour la tenue de ce procès et surtout pour que l’Afrique démontre à la face du monde qu’elle est capable d’organiser des procès justes et équitables. Je pense qu’il n’est pas bien que les Africains soient jugés ailleurs simplement parce que nos autorités ne veulent pas faire juger des personnes qui sont sous leur juridiction. Je pense que le combat contre l’impunité en vaut la chandelle. Et l’humanité est aujourd’hui dans un processus irréversible en matière de combat contre l’impunité et je pense que même aujourd’hui ceux qui sont pour Habré ne doivent pas s’offusquer que ce procès puisse se tenir au Sénégal si tant soit que la présomption d’innocence est préservée », a ajouté le Président de la Ligue Sénégalaise des Droits Humains, Me Assane Dioma Ndiaye, sur le débat relatif à la tenue annoncée du procès de l’ex Chef d’Etat Tchadien. C’était en marge samedi dernier de la tenue de l’atelier sur la sensibilisation à la prévention de la torture dans les lieux de détention primaires, organisé par la Lsdh à Saly.

Commentaires (0)
Lire la charte
Fermer

.gif)

.gif)








0 Commentaires